lundi 3 mars 2014

L'arrivée au Laos - les 4000 îles

Les 4000 îles, à l'extrème sud du Laos, c'est un peu le paradis. Une végétation exubérante, l'eau claire du Mékong serpentant et cascadant entre les îles, quelques restes coloniaux tombant en décrepitude, donnant un air de vieille carte postale à l'ensemble, et bien sûr les laotiens avec leur sourire et leur amical "Saibaidee" lancé dès qu'ils rencontrent quelqu'un. Il y a même quelques dauphins d'eau douce qui ont trouvé refuge entre les îles... Après un passage difficile de la frontière (il a fallu négocier très longtemps pour ne pas payer les 2$ de "commission" à la sortie comme à l'entrée), nous prenons sur les îles un peu de repos. Au programme, ballade en vélo et baignade! Il y a aussi des terrains de pétanques et du Pastis ici! Le paradis je vous dis...


La culture sur brûlis

La belle brochette ! Suzanne, Juju et Nils !

Le Mékong en cascades

Juju et Nils à bord !

samedi 1 mars 2014

La province du Rathanakiri - Welcome in the jungle!

Angkor c'est fini ! Nous nous dirigeons maintenant vers le nord est du pays. Mais avant de rejoindre le Laos, nous souhaitons faire une dernière étape dans le Rathanakiri, une province très reculée du Cambodge, histoire d'aller randonner dans la jungle. Le voyage est très long, aussi le départ est prévu dès 5h15. Bien sûr, je mets mon reveil, et bien sûr, celui-ci ne sonne pas. Nous nous faisons donc réveiller vers 5h15 par le gérant de l'hôtel. 15 minutes pour se préparer et filer à la gare routière, c'est un peu short... Nous voila donc parti pour un voyage d'une durée indeterminée (on nous a dit 14h, mais tout est possible), pas trop réveillés. Nous passerons donc la matinée à dormir dans le bus. La route que nous empruntons est une des artères principales du pays, et cela roule plutôt bien. vers 13h, on nous fait descendre du bus, qui part pour Phnom Penh. Nous nous entassons alors à 13 ou 14 (avec les sacs) dans un minibus qui part vers le nord. Et le voyage reprend. La route se transforme alors assez vite en piste. Le pays est en effet en plein developpement, et la plupart des routes sont en construction. On croise donc des pelleteuses tout au long du trajet. Le soleil commence à descendre, avant de se coucher complétement. Et nous sommes encore loin d'être arrivé. Vers 19h, nous arrivons dans une ville inconnue, le chauffeur coupe le contact et nous fait comprendre qu'il n'ira pas plus loin. Il va falloir s'en contenter pour aujourd'hui. D'ailleurs une des roues du van est crevée. Nous trouvons un hotel un peu miteux non loin d'où nous nous sommes arrétés, et decidons d'y passer la nuit. Le départ est fixé pour le lendemain, 7h. Un groupe de touristes veut quand a lui partir directement en tuk tuk pour le Laos ! On les retrouvera plus tard dans notre hotel. La frontière ferme de toutes façons à 17h. Ce trajet un peu compliqué nous permet toutefois de faire connaissance avec les touristes qui voyagent aussi dans le Rathanakiri: Coco et Manuel, un couple de Suisses, Suzanne (hollandaise), Nils (allemand) entre autre.  

Le lendemain matin, c'est reparti ! nous partons vers 8h30, et arrivons enfin vers midi à destination! Nous trouvons tous un hotel (le même pour tous). Et vu que nous voulons tous partir dans la jungle, nous nous arrangeons pour partir tous ensemble, et ainsi limiter les frais de guide et de rangers. 
Nous passons l'aprem dans les cascades aux alentours de la ville et partons finalement le lendemain matin dans la jungle. 




Baignade dans l'une des cascades


Coucher de soleil sur le lac volcanique

Au final, nous sommes donc 7 touristes, le guide (qui parle Anglais et Khmer), et 2 rangers, qui portent la 
nourriture, préparent le camp et font la cuisine. Eux parlent Khmer, mais surtout le language de leur propre ethnie (qui vit dans ce coin de forêt). Nous prenons d'abord le 4x4 pendant plus d'une heure. Il faut ensuite monter par 3 dans des petites pirogues qui remontent la rivière jusque au point de départ de notre randonnée. La remontée de la rivière est magique. L'eau est basse et les bateliers manient leur pirogue avec dextérité, passant entre les rochers, slalomant dans les rapides, soulevant de temps l'helice pour ne pas qu'elle frotte au fond de la rivière. Impressionnant!

Dans la pirogue


Une fois descendus des pirogues, nous ajustons nos sacs sur le dos, et c'est parti ! la marche n'est pas longue, puisqu'au bout d'une petite heure, nous arrivons à un premier village. Nous sommes reçus par le chef du village, qui tient un registre des touristes visitant sa commune. Nous nous inscrivons donc et mangeons sur une table posée devant sa maison. Les maisons sont assez simples : sur pilotis, elles sont construites en bois et bambous (pour les murs). De la paille de riz est utilisée pour la toiture. Les gens dorment dans des hamacs. Il n'y a bien sûr pas de salle de bains ou de toilettes. Pour ça il y a les champs alentours. D'ailleurs, nous n'avons toujours pas vu la forêt. La deforestation va ici à grands pas. Le guide nous informe que le parcours de la randonnée est assez nouveau. L'ancien parcours a été abandonné après que la forêt aient été complétement coupée. Il y a 2 raisons principales à la deforestation endémique : le gouvernement cambodgiens alloue des concessions à des sociétés étrangères afin de couper la forêt et récupérer le tek et les bois précieux. Le bois est en effet un des principaux produits exportés par le cambodge. Et puis il y a bien sûr les locaux : les conditions sanitaires s'améliorant, il y a de plus en plus de population qui habite la région, et les locaux sont obligés de couper la forêt de plus en plus loin afin de faire vivre leur famille. D'ailleurs, la terre étant assez ingrate, la méthode de culture consiste ici à brûler ce qui reste de forêt une fois les bois précieux enlevés. Une fois la terre ainsi fertilisée, on peut cultiver 2 à 3 fois. Ensuite, la terre n'est plus assez riche, et il faut la laisser reposer à nouveau. L'exploitant et sa famille déménagent alors sur une autre parcelle, un peu plus loin dans la forêt. Au rythme où vont les choses, il n'y aura donc bientôt plus de forêts dans cette partie du monde. Nous reprenons notre marche et arrivons dans une forêt de bambous où coule une petite rivière. C'est là que nous passerons la nuit.
Après une avoir marché par une chaleur accablante, se ca fait du bien de se rafraîchir !

Les rangers s'activent pour préparer le camp. C'est dingue tout ce qu'ils arrivent à faire avec leur machette et un peu de bambou. Ils nous fabriquent d'abord des verres avec un morceau de gros bambou. Ils nous montrent aussi comment faire du feu en frottant énergiquement 2 morceaux de bambous l'un contre l'autre. Plus facile à dire qu'à faire ! Il y a une petite cascade dans la rivière et nous pouvons nous tremper les pieds en buvant un café, ça fait du bien de se reposer et de se rehydrater après une grosse journée au chaud. Après le repas, nous partons avec les rangers de nuit, afin de voir des animaux. Mise à part quelques poissons, une souris au sommet d'un bambou, et des araignées, il n'y a plus grand chose. D'ailleurs le lendemain matin, il y a du poisson (ceux vus la veille) au petit déj pour les rangers! La visite d'observation était pour eux surtout un pretexte pour trouver de la nourriture. 

Ces petites choses blanches sont en fait des insectes qui vont se transforner en papillons !


Une fois rentrés, nos hamacs étant installés, nous allons nous coucher. Nous serons reveillés en plein milieu de la nuit par le froid ! Autant il fait extrémement chaud la journée, autant les nuits sont très fraiches sous la végétation. La forêt apporte aussi de l'humidité dans l'air, ce qui accentue le froid ressenti. On ne s'y attendait vraiment pas! Même le guide a été surpris. Nous nous reveillons à l'aurore et sommes content de pouvoir boire notre premier café. Après le petit déjeuner (composé d'oeufs brouillés, baguette et café), nous préparons nos sacs et reprenons la route. Aujourd'hui nous verrons nos premiers "grands" arbres. En fait, la jungle a été coupée presque partout, sauf sur les montagnes. Et aujourd'hui justement nous gravissons une colline afin de pouvoir voir quelques arbres. Nos guides nous montrent quelques propriétés de certaines des plantes que nous croison s: une liane gorgée d'eau à laquelle on peut boire, un arbre immense qui produit une résine inflammable aussi utilisée pour étanchéifier les bateaux, ou encore un arbre dont les racines ont des propriétés medicales pour le coeur. Les rangers s'appliquent d'ailleurs à couper aussitôt les racines de l'arbre. Dommage pour les prochains ! En redescendant de la colline, dans le lit d'une rivière asséchée, nous pouvons voir un cobra royal ! Il ne faut bien sûr pas s'approcher, mais de toutes façons, il aura eu plus peur que nous ! Ensuite, nous traversons des exploitations abandonnées (en jachère), où la vegetation commence à recouvrir les cabanes des paysans. La nature ne perd pas de temps pour reprendre ses droits dans ce genre d'endroits. 

De l'eau provenant directement d'une liane. A vrai dire, il faudrait en couper beaucoup pour pouvoir vraiment s'hydrater !

Notre guide se saisissant de la liane

En fin de journée, nous arrivons au bord d'une rivière, où nous passerons la seconde nuit. L'endroit est paradisiaque, au milieu de la végétation, et au bord de petits rapides où il fait bon se baigner. D'ailleurs la chaleur est accablante et humide. Il fait donc bon prendre un bain. Nous installons le camp, avant de manger.  Ce soir, un des rangers nous montre comment pêcher ... à la machette! Il cherche d'abord des endroits sans courant le long du cours d'eau, où les poissons cherchent refuge pour la nuit. L'eau étant claire, on les distingue assez bien. Ensuite, lorsqu'un poisson est en vue, il lui asséne un grand coup de machette ! Il faut savoir viser ! En général le poisson meurt instantanément (de temps en temps il est même coupé en 2!)
Presque 75% de taux de réussite !

Cette nuit, étant moins à couvert dans la végétation, nous aurons aussi beaucoup moins froid ! Le lendemain est notre dernier jour dans la jungle. Après une longue marche dans la chaleur suffocante, nous atteignons vers 13h le village où nous étions arrivés le premier jour, et nous rentrons finalement en pirogue et 4x4 vers la civilisation. Demain nous passons la frontière pour arriver au Laos !

jeudi 27 février 2014

Angkor - Les Joyaux de l'Empire Khmer

Nous quittons Phnom Phen le matin et prenons un bus, dont l'état de délabrement est assez avancé.

Nous arrivons à Battambang dans l'après-midi et trouvons une Guesthouse. Le lendemain, nous prenons un bateau pour Siem Reap.

Siem Reap est une ville où le dollar est roi et tout est fait pour les touristes. Il est assez difficile de trouver un petit restau Khmer pas cher dans le centre.

Le soir nous nous promenons en ville et nous trouvons une librairie, dans laquelle j'achète un guide sur les temples d'Angkor.

Nous allons prendre un ticket pour 3 jours et notre itinéraire sera le suivant :

Jour 1 - En tuk tuk

- Achat ticket non loin d'Angkor Wat
- Preah Khan
- Preah Neak Pean
- Ta Som
- Mebon Oriental
- Pre Rup
- Banteay Samre
- Banteay Srei
- Preah Ko (Roluos)
- Bakong (Roluos)

Jour 2- En bicyclette

- Chau Say Tevoda - Thomannon
- Ta Prohm
- Ta Keo
- Angkor Thom :
Terrasse des éléphants
Terrasse du Roi Lépreux
Tep Pranam
Preah Palilay
Royal Palace
Baphuon
Bayon


Jour 3 - En tuk-tuk

- Angkor Wat
- Srah Srang
- Banteay Kdei
- Prasat Kravan

Comme notre premier jour tombe un dimanche, nous allons commencer par les temples qui sont assez éloignés, pour nous rapprocher les jours suivants.

Jour 1

Le dimanche, nous nous levons donc de bonne heure. Je suis complètement impatiente de découvrir les temples d'Angkor, qui me font rêver depuis si longtemps.

Nous trouvons un tuk-tuk qui accepte de nous prendre pour 30$ la journée. Nous roulons et achetons nos tickets : 40$ pour 3 jours.

Nous poursuivons notre route et nous voyons lentement les tours des sanctuaires d'Angkor Wat émerger des arbres. Quelle beauté ! Puis, nous nous en rapprochons et passons devant.

J'imagine les explorateurs qui ont (re)trouvé ces temples en plein jungle. C'est gigantesque. Angkor Wat est entouré de douves très larges. Une chaussée bordée de balustrades à Nagas permet de passer au-dessus des douves et amène à un pavillon d'entrée qui cache parfaitement le temple.

Mais la visite de ce temple sera pour plus tard. Mon esprit vagabonde et je rêve déjà d'y être.

Quelques minutes après, c'est une autre merveille qui va s'offrir à nos yeux. Nous nous approchons de la porte sud d'Angkor Thom, porte dominée par des visages à l'expression sereine. Avant d'ateindre la porte nous passons sur une chaussée bordée par deux rangées de géants agrippés à un serpent.  Il s'agit en fait de 54 devas (dieux) à gauche et 54 asuras (démons) à droite. Malgré le nombre élevé de têtes manquantes, c'est magnifique !
Nous passons sous la porte et pénétrons donc à l'intérieur d'Angkor Thom. Rapidement, nous apercevons le Bayon, temple facilement reconnaissable grâce à ses tours à visages. Là encore, il nous faudra patienter ! Nous quittons Angkor Thom par la porte nord et nous rendons à Preah Khan.

Comme tous les tuk-tuks, le notre s'arrête à la porte ouest de Preah Kahn. Or nous sommes le matin de bonne heure, et le soleil se levant à l'est, il faudrait commencer la visite par l'est pour avoir la belle lumière. De plus la plupart des temples d'Angkor sont orientés vers l'est, ce qui signifie que nous entrons par derrière ! Nous traversons donc le temple à pieds pour rejoindre la porte est, et c'est de l'est que nous commencons notre visite.

Preah Khan a été construit en 1191 par le roi Jayavarman VII qui était un fervent bouddhiste. Preah Khan offre certaines des plus belles devatas sculptées durant le règne de ce roi.

On commence la visite de Preah Kahn en passant par une terrasse cruciforme, puis pénétrons dans l'enceinte du complexe-temple. C'est absolument magnifique. Et j'apercois mes premières devatas, que je vais chercher et photographier avec grand plaisir tout au long des 3 prochains jours ! La lumière est magnifique. Nous parcourons ce temple pendant plus d'une heure. Quelle beauté !



Le superbe temple de Preah Kahn



De belles devatas






Un arbre au sein du temple

Nous quittons Preah Khan pour nous rendre à Preah Neak Pean.

Neak Pean a été construit à la fin du 12e siècle, à la même époque que Preah Khan, par Jayavarman VII. Le temple se trouve au centre d'un baray (large réservoir). Une enceinte en latérite délimite le site. Aujourd'hui, seul le groupe central de bassins subsiste, mais autrefois c'était un réseau complexe que l'on pouvait voir. Le temple symbolise Anavatapa, le lac mythique situé au sommet du monde, dans l'Himalaya et qui donne naissance aux quatre rivières sacrées que sont l'Indus, l'Oxus, le Tarim et le Gange. Les eaux de Neak Pean lavaient les péchés et apportaient la guérison.





Neak Pean et le cheval Balaha à gauche

On voit encore très bien le cheval Balaha, situé à l'est du temple. Pour l'histoire du Cheval Balaha, cliquez ici.

Une fois la visite de Neak Pean terminée, nous nous rendons à Ta Som.

Ta Som a lui aussi été construit par Jayavarman VII à la fin du 12e siècle, début du 13e siècle.
L'avantage de Ta Som, est que ce temple a un décor riche, de nombreux frontons et devatas, des tours à visages, il y a même un arbre qui recouvre quelques pierres et les groupes n'y viennent pas. Là aussi, le tuk-tuk nous amène à la porte occidentale. Nous nous rendons à pieds à la porte orientale, pour avoir une meilleure lumière. Nous sommes acceuillis par une tour à visage qui est recouverte par les racines d'un ficus.  Magnifique ! Je trouve de nombreuses devatas que je photographie, et nous pouvons facilement observer de magnifiques frontons qui ont été ré-assemblés au sol, ce qui nous permet de voir certains détails que nous n'aurions pas vus autrement.


Le portail oriental pris dans les racines d'un arbre



Pierre devant le sanctuaire



Une belle devata



Une autre devata, qui tient une fleur



Une devata qui joue avec ses cheveux



Le sanctuaire et ses devatas


Après avoir bien profité de ce temple, nous reprenons la route pour le Mebon Oriental.

Le Mebon Oriental date du milieu du 10e siècle et a été construit par le roi Rajendravarman II, hindouiste. Le temple est consacré à Shiva mais aussi au culte des ancètres.

Le Mebon Oriental est situé au centre d'un grand baray construit au début du 10e siècle.

Lors de la visite de ce temple, nous pouvons observer de magnifiques linteaux ! On voit aussi de nombreux petits trous dans la brique. Nous avons appris que ca permettait à la couche de stuc qui recouvrait les sanctuaires de mieux adhérer.


Les cinq tours en quinconce, le Mebon oriental est une représentation du Mont Meru

Des petits sanctuaires


Un beau linteau représentant trois lions dressés sur leurs pattes

Un des huit éléphants, gardiens des angles des plates-formes

Ca grimpe !

Vue du haut

Après la visite du Mebon Oriental, c'est à Pre Rup que nous nous rendons.

Pre Rup a également été construit par Rajendravarman II, quelques années aprés le Mebon Oriental.
A la différence du Mebon Oriental, Pre Rup à une base pyramidale (représentation du mont Meru) très élevée. Ce qui caractérise aussi ce temple, ce sont le nombre très élevé de bâtiments annexes. Du côté est, cinq grands sanctuaires furent ajoutés plus tard. Mais comme on peut le voir sur les linteaux, le travail ne fut jamais achevé.


Un beau linteau

Pre Rup


Après avoir visité Pre Rup, nous nous rendons à Banteay Samre.

Banteay Samre a été construit au milieu du 12e siècle. Il aurait été construit par le roi Suryavarman II. L'iconographie est essentiellement hindouiste (nombreuses scènes du Ramayana), mais il y a également beaucoup d'images liées au bouddhisme.

Entre 1936 et 1944 le temple a été complètement restauré en utilisant la méthode de l'anastylose (le temple est démonté pierre par pierre et est remonté par la suite).

Banteay Samre est relativement tranquille car les groupes n'y viennent pas. Il y a de magnifiques linteaux et frontons, et nous nous perdons dans la contemplation de ce temple.





Pierre à Banteay Samre

Mais contrairement aux devatas et dieux, nous ne sommes pas de pierres, et il nous faut aller déjeuner et surtout faire une petite pause ! Nous nous arrêtons dans un petit restaurant où les prix, pour le Cambodge, sont naturellement très élevés.

Après cette pause déjeuner, nous nous rendons à Banteay Srei, qui est assez des loins des autres temples. Cela me laisse le temps de faire une petite sieste entre deux secousses du tuk-tuk.

Banteay Srei a été fondé vers 967 par un brahmane qui était au service des rois Rajendravarman II et Jayavarman V. Il est considéré comme étant un joyau de l'art khmer. Le grès utilisé est de couleur rose et de très bonne qualité. Presque chaque centimètre carré du temple est sculpté.


Un magnifique fronton représentant ...

... Indra sur Airavata


Vishnu Narasimha tue le démon Hiranyakashipu. Mais c'est le démon qui ressemble à un dieu, alors que le dieu ressemble à un démon !

Les sanctuaires avec leurs gardiens

Les sanctuaires avec leurs gardiens






Les sanctuaires avec leurs gardiens
Nous restons donc un bon moment avant de reprendre la route pour le groupe de Roluos, bien plus au sud, et qui se trouve à l'est de Siem Reap.

Preah Ko a été construit à la fin du 9e siècle par le roi Indravarman I. Ce temple grouille de vie, et nous voyons des enfants jouer parmi les ruines. Il y a cinq sanctuaires avec de beaux linteaux.


Pierre et un beau lion


Les sanctuaires


A côté d'un sanctuaire


Après cela, nous allons au Bakong, dernier temple d’une journée bien remplie.

Le Bakong a été construit à la même époque que Preah Ko. C’est le premier temple montagne d’importance à Angkor.


Le Bakong


La pyramide avec, à son pied, une des quatre statues de Nandin, la monture Shiva


Pierre et Nandin


Le sanctuaire


Après cette ultime visite de la journée, nous rentrons a Siem Reap bien fatigués, mais heureux ! Nous allons en ville et nous allons craquer … Pierre va manger un steak sauce au poivre et moi, une pizza aux quatre fromages. Oui, nous avouons ... Mais qu’est-ce que c’était bon !!

Jour 2

Le lendemain c’est en vélo que nous décidons de continuer notre aventure Angkorienne. Nous louons donc deux bicyclettes spéciales Cambodgiens (on se demande si le châssis va bien tenir une journée avec notre poids !).
Le choix de la bicyclette peut s’avérer une bonne alternative si vous visitez les temples assez proches. Le chemin est agréable, mais la chaleur caniculaire peut rendre cette agréable promenade assez vite insoutenable !
Nous commencons donc la journée par le Phnom Bakheng, construit au début du 10e siècle par Yashovarman I.


Devant les escaliers d'origine, qui sont maintenant fermés
En rénovation
Les pierres du temple


Une devata, cible d'un soldat des Khmers rouges

Nous voulons ensuite nous rendre à Ta Prohm. Mais une petite pause à Chau Say Tevoda et au Thomannon va vite s’imposer !

Chau Say Tevoda a été construit au milieu du 12e siècle. Il y a quelques belles devatas à voir.



Chau Say Tevoda


Chau Say Tevoda


De belles devatas

Nous n’avons qu’à traverser la route pour nous rendre au Thommanon, datant lui aussi du milieu du 12e siècle.


De superbes devatas ...


Toujours et encore ...

Apres ces deux visites, c’est donc vers Ta Prohm que nous pédalons lourdement joyeusement.

Mais Pierre perd un boulon de sa roue avant et nous sommes obligés de le chercher sous un soleil de plomb. Heureusement, nous le retrouvons et nous pouvons repartir avant d’être complètement desséchés par le soleil.

Nous arrivons à Ta Prohm et là, nous constatons que nous ne sommes pas seuls. Des bus entiers ont déversés leur chargement de chinois bruyants et malpolis, qui tripotent, touchent et retouchent tout ce qui ressemble de près ou de loin a quelque chose de sculpté, qui te poussent, qui te disent de te pousser car ils veulent faire des photos sans personne d’autre qu’eux. Bref, le fléau d’Angkor.

C’est donc avec patience que nous visitons Ta Prohm.

Ta Prohm a été construit en 1186 par Jayavarman VII, qui a dédié le temple à la mémoire de sa mère. C’est donc un temple bouddhiste.


Un beau figuier étrangleur...


... dont les racines recouvrent une partie du temple


Une grosse racine de spung


Et toujours un spung .. qui cache une belle sculpture ...


Et des belles devatas ...


Encore ...


Une autre ...


Mais où est Pierre parmi ces chinois ?


Une autre belle devata ...


Pierre devant une impressionante racine de spung


Et puis devant la porte à visages



Après Ta Prohm, nous passons devant Ta Keo, qui est en rénovation. Nous décidons donc de poursuivre jusqu'à Angkor Thom.

Après une victoire contre les envahisseurs Chams, Jayavarman VII fut couronné en 1181. Pour protéger la capitale du royaume, il fit édifier des remparts. C’est ainsi qu’Angkor Thom est née. Elle demeurera la capitale du royaume jusqu’au début du 15e siècle.

Ses cinq portes sont précédées de chaussées bordées par deux rangées d’asuras et de devas et sont surmontées d’une tour à visages.


Porte sud d'Angkor Thom avec les devas et asuras sur les côtés

Nous arrivons par la porte est et nous dirigeons vers les terrasses royales, composée de la Terrasse des Eléphants et de la Terrasse du Roi lépreux, qui s’étirent sur environ 400 mètres. L’aire qu’elles dominent était certainement utilisée pour des parades.

Vue sur les terrasses depuis la Terrasse du Roi lépreux


Nous nous dirigeons ensuite vers Tep Pranam, un temple du 16e siecle, puis Preah Palilay, un autre temple avec une belle terrasse cruciforme.

Nous continuons notre route vers le bassin royal, puis longeons le Phimeanakas, pour se diriger vers le Baphuon.


Le Baphuon

Le Baphuon date du milieu du 11e siècle et a été érigé par le roi Udayadityavarman II.
Notez que les shorts raz le minou et les petits-hauts spaghettis ou bien qui laissent tout voir sont interdits, donc vous devrez rebrousser chemin. On l’a vu de nos propres yeux. Une fille qui devait penser se trouver sur la plage de Phuket s’est vue refuser l’entrée au temple. Même s’il fait chaud, il faut garder à l’esprit que ce sont des TEMPLES que l’on visite. Donc un peu de respect …


Ca grimpe sec !

Avec Angkor Wat, le Baphuon est un des deux projets les plus ambitieux au niveau architectural sur le site d’Angkor ! Aux vues des nombreux dégâts, on peut même se demander, si ce n’était pas un peu trop ambitieux pour l’époque. En 1960, le temple a été restauré avec la méthode de l’anastylose. Restauration qui a due s’arrêter dans les années 1970, lorsque les Khmers rouges ont occupe le site.


Un Bouddha géant allongé construit avec les pierres du temple par des moines bouddhistes

Apres le Baphuon, c’est vers le Bayon que l’on se dirige. Même après toute les merveilles que l’on voit depuis deux jours, c'est à couper le souffle. Quelle beauté ! Quelle magnificence !


Le Bayon et ses nombreuses tours à visages !

Le Bayon a été construit a la fin du 12e siècle par Jayavarman VII (vous l’aurez compris, ce roi a énormément construit !). Le Bayon se situe au centre de d’Angkor Thom. Il avait place son royaume sous la protection de Bouddha. C’est le dernier des grands temples construits par un roi Khmer.


Les belles voutes

Le plan du Bayon est complexe. Il y a 47 sanctuaires et 177 visages d’identifiés.


Une des tours à visages


Une belle devata


D'autres tours à visages


Les magnifiques visages au soleil couchant


Les visages et la belle lumière


Tout n'est pas beau ! Un bouddha effacé au burin et un linga plutôt laid à sa place !

Le soleil commence à descendre et la lumière est particulièrement belle. Nous nous asseyons et profitons de ce magnifique temple.

Puis, dans un élan de dernières forces, nous décidons d’aller faire un tour a Angkor Vat, pour profiter de la belle lumière.


Angkor Vat
Angkor Vat se reflétant dans un bassin



Fenêtre à colonnes


À l'intérieur d'Angkor Vat



Le sanctuaire central


Une belle devata et le soleil couchant





Un bas-relief


Mais ca ne sera que de courte durée et c’est le lendemain que nous avons vraiment rendez-vous avec le majestueux Angkor Vat.

Jour 3

Aujourd’hui nous reprenons un tuk-tuk et commençons par Angkor Vat. Nous y sommes à 8h, et étonnement, il n’y a pas encore beaucoup de monde. Pour éviter les foules et particulièrement les groupes de chinois, nous  commençons la visite par le troisième étage.

Pour atteindre Angkor Vat, il faut tout d’abord traverser une large douve, en passant sur une chaussée bordée de balustrades a nagas. Puis, passer sous le pavillon d’entrée ouest, qui cache complètement le temple. Une seconde chaussée nous mène au temple. Nous passons deux bibliothèques, puis, deux bassins.


Angkor Vat le matin


La pose devant Angkor Vat qui se reflète !


La vue sur le pavillon d'entrée depuis le troisième étage
Angkor Vat a été construit durant la première moitie du 12e siècle par la roi Suryavarman II. Tout d’abord hindouiste, le temple fut converti plus tard au bouddhisme. Angkor Vat est LE temple montagne par excellence. Une autre particularité d’Angkor Vat est qu’il fait face a l’ouest.

Nous traversons donc tout le temple, pour trouver l’escalier pour monter au troisième étage. Tôt le matin, il n’est pas encore nécessaire de montrer son ticket. Mais des que les hordes de touristes sont là, on ne peut plus rester tant de temps que l’on veut là-haut. Donc allez-y tôt, surtout que c’est magnifique !


La montée pour atteindre le troisiène étage
Troisième étage


Le sanctuaire


Une devata qui a toujours une trace de la laque rouge qui recouvrait les temples
Une autre belle devata
Encore une ...
Les chinois sont déjà là. Il était temps de quitter le troisième étage !

Puis, nous descendons et prenons le temps d'apprécier le second étage, avec ses magnifiques devatas.


Des devatas


Des devatas qui sourient à pleines dents !


Des bouddhas


Des traces de laques

Enfin, nous descendons encore et faisons le tour d'Angkor Vat, en comptenplant ses magnifiques bas-reliefs.


Barattage de l'océan de lait


Barattage de l'océan de lait

Après avoir passé plusieurs heures à Angkor Vat, nous prenons à nouveau le tuk-tuk pour nous rendre à Srah Srang, "le bain royal", et qui est donc un bassin. C'est au début du 10 siècle, que le roi Yasovarman I entreprend la construction de ce vaste réservoir.


Le bassin. Le ponton est en travaux.
Après Srah Srang, nous nous dirigeons vers Banteay Kdei.

Banteay Kdei a été construit vers 1185 par le roi ... Jayavarman VII !

La terrasse cruciforme, les murs d'enceinte, tout cela est superbe ! En 2011, lors de travaux de restauration, des Japonais ont retrouvé de nombreuses statues de Bouddha enterrées !

Pierre - certainement déconcentré par la beauté du site - s'est étalé de tout son long dans un grand bruit, après s'être pris le pied dans un trou ! Heureusement, plus de peur que de mal, et Pierre peut repartir sans trop de problème.


Banteay Kdei


Pierre devant Banteay Kdei. On croirait à du photoshop, mais non, ca doit être un effet de lumière !
Sur la terrasse
Superbe !



Sanctuaire





Pierre sur les racines !
Prasat Kravan sera notre dernier temple à Angkor. Les cinq tours qui composent le temple ont été construites au début du 10e siècle.


Les cinq sanctuaires


De magnifiques bas-reliefs


À l'intérieur du sanctaire central, en regardant vers le ciel

Après Prasat Kravan, nous rentrons à Siem Reap, fatigués, mais avec de magnifiques images plein la tête !

Demain, nous partons pour le Rattanakkiri, dans le nord est du Cambodge.

- Juliette -