samedi 1 mars 2014

La province du Rathanakiri - Welcome in the jungle!

Angkor c'est fini ! Nous nous dirigeons maintenant vers le nord est du pays. Mais avant de rejoindre le Laos, nous souhaitons faire une dernière étape dans le Rathanakiri, une province très reculée du Cambodge, histoire d'aller randonner dans la jungle. Le voyage est très long, aussi le départ est prévu dès 5h15. Bien sûr, je mets mon reveil, et bien sûr, celui-ci ne sonne pas. Nous nous faisons donc réveiller vers 5h15 par le gérant de l'hôtel. 15 minutes pour se préparer et filer à la gare routière, c'est un peu short... Nous voila donc parti pour un voyage d'une durée indeterminée (on nous a dit 14h, mais tout est possible), pas trop réveillés. Nous passerons donc la matinée à dormir dans le bus. La route que nous empruntons est une des artères principales du pays, et cela roule plutôt bien. vers 13h, on nous fait descendre du bus, qui part pour Phnom Penh. Nous nous entassons alors à 13 ou 14 (avec les sacs) dans un minibus qui part vers le nord. Et le voyage reprend. La route se transforme alors assez vite en piste. Le pays est en effet en plein developpement, et la plupart des routes sont en construction. On croise donc des pelleteuses tout au long du trajet. Le soleil commence à descendre, avant de se coucher complétement. Et nous sommes encore loin d'être arrivé. Vers 19h, nous arrivons dans une ville inconnue, le chauffeur coupe le contact et nous fait comprendre qu'il n'ira pas plus loin. Il va falloir s'en contenter pour aujourd'hui. D'ailleurs une des roues du van est crevée. Nous trouvons un hotel un peu miteux non loin d'où nous nous sommes arrétés, et decidons d'y passer la nuit. Le départ est fixé pour le lendemain, 7h. Un groupe de touristes veut quand a lui partir directement en tuk tuk pour le Laos ! On les retrouvera plus tard dans notre hotel. La frontière ferme de toutes façons à 17h. Ce trajet un peu compliqué nous permet toutefois de faire connaissance avec les touristes qui voyagent aussi dans le Rathanakiri: Coco et Manuel, un couple de Suisses, Suzanne (hollandaise), Nils (allemand) entre autre.  

Le lendemain matin, c'est reparti ! nous partons vers 8h30, et arrivons enfin vers midi à destination! Nous trouvons tous un hotel (le même pour tous). Et vu que nous voulons tous partir dans la jungle, nous nous arrangeons pour partir tous ensemble, et ainsi limiter les frais de guide et de rangers. 
Nous passons l'aprem dans les cascades aux alentours de la ville et partons finalement le lendemain matin dans la jungle. 




Baignade dans l'une des cascades


Coucher de soleil sur le lac volcanique

Au final, nous sommes donc 7 touristes, le guide (qui parle Anglais et Khmer), et 2 rangers, qui portent la 
nourriture, préparent le camp et font la cuisine. Eux parlent Khmer, mais surtout le language de leur propre ethnie (qui vit dans ce coin de forêt). Nous prenons d'abord le 4x4 pendant plus d'une heure. Il faut ensuite monter par 3 dans des petites pirogues qui remontent la rivière jusque au point de départ de notre randonnée. La remontée de la rivière est magique. L'eau est basse et les bateliers manient leur pirogue avec dextérité, passant entre les rochers, slalomant dans les rapides, soulevant de temps l'helice pour ne pas qu'elle frotte au fond de la rivière. Impressionnant!

Dans la pirogue


Une fois descendus des pirogues, nous ajustons nos sacs sur le dos, et c'est parti ! la marche n'est pas longue, puisqu'au bout d'une petite heure, nous arrivons à un premier village. Nous sommes reçus par le chef du village, qui tient un registre des touristes visitant sa commune. Nous nous inscrivons donc et mangeons sur une table posée devant sa maison. Les maisons sont assez simples : sur pilotis, elles sont construites en bois et bambous (pour les murs). De la paille de riz est utilisée pour la toiture. Les gens dorment dans des hamacs. Il n'y a bien sûr pas de salle de bains ou de toilettes. Pour ça il y a les champs alentours. D'ailleurs, nous n'avons toujours pas vu la forêt. La deforestation va ici à grands pas. Le guide nous informe que le parcours de la randonnée est assez nouveau. L'ancien parcours a été abandonné après que la forêt aient été complétement coupée. Il y a 2 raisons principales à la deforestation endémique : le gouvernement cambodgiens alloue des concessions à des sociétés étrangères afin de couper la forêt et récupérer le tek et les bois précieux. Le bois est en effet un des principaux produits exportés par le cambodge. Et puis il y a bien sûr les locaux : les conditions sanitaires s'améliorant, il y a de plus en plus de population qui habite la région, et les locaux sont obligés de couper la forêt de plus en plus loin afin de faire vivre leur famille. D'ailleurs, la terre étant assez ingrate, la méthode de culture consiste ici à brûler ce qui reste de forêt une fois les bois précieux enlevés. Une fois la terre ainsi fertilisée, on peut cultiver 2 à 3 fois. Ensuite, la terre n'est plus assez riche, et il faut la laisser reposer à nouveau. L'exploitant et sa famille déménagent alors sur une autre parcelle, un peu plus loin dans la forêt. Au rythme où vont les choses, il n'y aura donc bientôt plus de forêts dans cette partie du monde. Nous reprenons notre marche et arrivons dans une forêt de bambous où coule une petite rivière. C'est là que nous passerons la nuit.
Après une avoir marché par une chaleur accablante, se ca fait du bien de se rafraîchir !

Les rangers s'activent pour préparer le camp. C'est dingue tout ce qu'ils arrivent à faire avec leur machette et un peu de bambou. Ils nous fabriquent d'abord des verres avec un morceau de gros bambou. Ils nous montrent aussi comment faire du feu en frottant énergiquement 2 morceaux de bambous l'un contre l'autre. Plus facile à dire qu'à faire ! Il y a une petite cascade dans la rivière et nous pouvons nous tremper les pieds en buvant un café, ça fait du bien de se reposer et de se rehydrater après une grosse journée au chaud. Après le repas, nous partons avec les rangers de nuit, afin de voir des animaux. Mise à part quelques poissons, une souris au sommet d'un bambou, et des araignées, il n'y a plus grand chose. D'ailleurs le lendemain matin, il y a du poisson (ceux vus la veille) au petit déj pour les rangers! La visite d'observation était pour eux surtout un pretexte pour trouver de la nourriture. 

Ces petites choses blanches sont en fait des insectes qui vont se transforner en papillons !


Une fois rentrés, nos hamacs étant installés, nous allons nous coucher. Nous serons reveillés en plein milieu de la nuit par le froid ! Autant il fait extrémement chaud la journée, autant les nuits sont très fraiches sous la végétation. La forêt apporte aussi de l'humidité dans l'air, ce qui accentue le froid ressenti. On ne s'y attendait vraiment pas! Même le guide a été surpris. Nous nous reveillons à l'aurore et sommes content de pouvoir boire notre premier café. Après le petit déjeuner (composé d'oeufs brouillés, baguette et café), nous préparons nos sacs et reprenons la route. Aujourd'hui nous verrons nos premiers "grands" arbres. En fait, la jungle a été coupée presque partout, sauf sur les montagnes. Et aujourd'hui justement nous gravissons une colline afin de pouvoir voir quelques arbres. Nos guides nous montrent quelques propriétés de certaines des plantes que nous croison s: une liane gorgée d'eau à laquelle on peut boire, un arbre immense qui produit une résine inflammable aussi utilisée pour étanchéifier les bateaux, ou encore un arbre dont les racines ont des propriétés medicales pour le coeur. Les rangers s'appliquent d'ailleurs à couper aussitôt les racines de l'arbre. Dommage pour les prochains ! En redescendant de la colline, dans le lit d'une rivière asséchée, nous pouvons voir un cobra royal ! Il ne faut bien sûr pas s'approcher, mais de toutes façons, il aura eu plus peur que nous ! Ensuite, nous traversons des exploitations abandonnées (en jachère), où la vegetation commence à recouvrir les cabanes des paysans. La nature ne perd pas de temps pour reprendre ses droits dans ce genre d'endroits. 

De l'eau provenant directement d'une liane. A vrai dire, il faudrait en couper beaucoup pour pouvoir vraiment s'hydrater !

Notre guide se saisissant de la liane

En fin de journée, nous arrivons au bord d'une rivière, où nous passerons la seconde nuit. L'endroit est paradisiaque, au milieu de la végétation, et au bord de petits rapides où il fait bon se baigner. D'ailleurs la chaleur est accablante et humide. Il fait donc bon prendre un bain. Nous installons le camp, avant de manger.  Ce soir, un des rangers nous montre comment pêcher ... à la machette! Il cherche d'abord des endroits sans courant le long du cours d'eau, où les poissons cherchent refuge pour la nuit. L'eau étant claire, on les distingue assez bien. Ensuite, lorsqu'un poisson est en vue, il lui asséne un grand coup de machette ! Il faut savoir viser ! En général le poisson meurt instantanément (de temps en temps il est même coupé en 2!)
Presque 75% de taux de réussite !

Cette nuit, étant moins à couvert dans la végétation, nous aurons aussi beaucoup moins froid ! Le lendemain est notre dernier jour dans la jungle. Après une longue marche dans la chaleur suffocante, nous atteignons vers 13h le village où nous étions arrivés le premier jour, et nous rentrons finalement en pirogue et 4x4 vers la civilisation. Demain nous passons la frontière pour arriver au Laos !

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