dimanche 23 février 2014

Phnom Penh

Phnom Penh est une relativement petite ville: 1 millions d'habitants, et beaucoup d'entre eux n'y habite pas toute l'année. Ils partent dans les campagnes et reviennent y travailler de temps en temps. la ville a été complétement vidée de ses habitants entre 75 et 79, et était alors complétement deserte (soldats mise à part). Pendant cette periode, le régime de Pol Pot a non seulement relocalisé tous les habitants des villes vers les campagnes (il voulait revenir en arrière à une économie en autarcie et purement fondée sur l'agriculture). Mais il a aussi exterminé toute l'intelligentia du pays (profs, docteurs...). La prison la plus connue du pays pendant cette periode (S21, la prison des opposants politiques) fut installée dans une ancienne école. On y torturait un peu tout le monde.La ville est aussi, comme au Vietnam, une ancienne ville coloniale française. On y retrouve donc non seulement pas mal de maisons coloniales, mais aussi un peu de l'art de vivre à la française: les terrasses des cafés, notamment celles qui donnent sur la rivière, les lampadaires à la parisienne, les baguettes fraîches le matin, avec café et confiture, la plupart des noms de batiments traduit en français...L'ambiance est donc plutôt décontractée. Il n'y a pas non plus trop de choses à visiter, ce qui n'est pas plus mal: nous pourrons prendre notre temps.

- Le palais royal, et la pagode d'argent: notre première visite est pour les batiments les plus remarquables de la ville. out d'abord le palais royal. Il fut construit au début du 20ème siècle, et est sans doute le plus bel exemple d´architecture Khmer moderne. un immense batiment à un étage, le toit pointu, somptueusement décoré de sculptures à chaque angle. La visite de l'interieur du Palais est plutôt limitée, mais on peut toujours regarder par les fenêtres pour découvrir l'interieur (bien sûr, uniquement les pièces officielles, le roi vit toujours ici!). La plus belle pièce est sans doute la salle du trône, avec son immense tapis, et surtout ses fresques qui racontent le ramayana, un des textes fondateurs de la culture indhoue. En effet, le cambodge, avant d'être presque totalement converti au bouddhisme, était indhou. Nous traversons les jardins et quelques pavillons (notamment un des pavillions offert au roi par Napoleon III), avant de visiter la pagode d'argent. Ce temple doit son nom a son sol, couvert de dalles en argent. Le palais et la pagode ont étonnement resisté à la guerre civile et aux khmers rouges. Dans la pagode, des centaines de statues de Bouddha, en or, argent, pierres précieuses, et notamment une statue de bouddha en cristal de Baccarat. Les joyaux de la couronne version cambodgienne!

La cour du Palais Royal


- Le musée national: Le musée est bien entendu consacré à l'histoire cambodgienne, depuis la préhistoire, avec bien sûr une place prépondérante pour l'epoque angkorienne. Des statues par centaines, de Bouddhah, Vishnu, Shiva, et toutes les autres divinités Indhoues. La plupart des statues proviennent de Angkor, et sont donc mise ici à l'abri (ce qui fait qu'à Angkor, presque toutes les statues ne sont plus là). Il y a également pas mal de sculptures et d'objets retrouvés durant les fouilles. Le tout est un peu pêle-mêle, organisé par type d'objet et par époque. Le musée est interessant, mais il faudra attendre notre visite d'Angkor pour en savoir plus.

 -le quai Sisowath et le monument de l'indépendance: vu que nous sommes à pied, nous longeons la rivière qui passe au milieu de Phnom Penh jusqu'au monument de l'indépendance, qui est en fait une immense statue du roi Sihanouk. Le quai est très sympa, avec ses maisons coloniales et terrasses à la française. La plupart ont d'ailleurs un nom Français, et on peut s'imaginer les colons assis ici, buvant une bière bien fraîche, ou un café glacé.


- La prison S21: Je ferai cette dernière visite seul, Juliette etant en très sensible aux images choquantes. Et en effet, le camp n'a rien a envier aux pires musées de la torture. Les cambodgiens ont tout laissé en place. Dans l'ancienne école (qui ressemble un peu au collége où j'ai étudié), les salles de cours ont été reconverties en prisons collectives (les prisonniers étant séparés par des murs en bois ou en brique). chaque cellule est si petite que les prisonniers ont à peine la place de s'allonger. Il n'y a bien sûr pas de toilettes. Sur le sol, on peut encore voir les traces de sang des prisonniers torturés. Au rez de chaussée, quelques chambres avec lit. Au mur est accrochée une photo de la chambre telle qu'elle a été retrouvée par l'armée Vietnamienne: sur chaque lit, le corps en putréfaction d'un prisonnier complétement mutilé. Et puis il y a bien sûr la salle des instruments de tortures, avec shéma explicatif pour chaque instrument. Cela fait vraiment froid dans le dos. Dans les étages supérieurs, sont exposées les photos d'entrée à la prison des hommes, femmes et enfants qui ont été déportés ici. Il y a aussi des temoignages des quelques survivants, ainsi que des soldats Khmer Rouge qui ont travaillé en tant que gardien dans la prison (la plupart n'avaient pas vraiment le choix, et etaient surtout militaires pour ne pas mourir de faim). Enfin, une exposition sur les quelques chefs Khmer Rouge morts ou jugés par le tribunal pénal international. La plupart ont maintenant près de 80 ans, et seuls les principaux leaders seront jugés.

La plupart des Khmer rouge n'auront pas de procès. C'est impressionnant de voir tout le chemin parcouru par le cambodge depuis 30 ans. Les vietnamiens ont envahi le cambodge et destitué le régime Khmer rouge en 79, mais la reconstruction du pays n'a vraiment démarré que dans les années 90. Bien sûr, le pays est en retard, mais il rattrape ses voisins Vietnamiens et Thailandais à grande vitesse, et cela, malgrès une corruption endémique. Si je reviens ici dans 10 ans, je suis sûr de retrouver un pays complétement différent. Après 2 jours dans la capitale, nous reprenons la route. Tout d'abord nous rejoignons Battambang, une petite ville provinciale un peu touristique. Le but de cette visite est de prendre un bateau afin de rejoindre Siem Reap et Angkor, le tout en passant dans des petits canaux ce qui nous permettra de voir comment vivent les cambodgiens.





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