jeudi 20 février 2014

Delta du Mékong

Départ sur les chapeaux de roues

Et voilà, notre séjour à Saigon se termine ! On a vraiment bien apprécié cette ville ! Maintenant, c'est parti pour le delta du Mékong. Première destination : Ben Tre.

La majorité des touristes prennent un tour de 1, 2 ou 3 jours pour visiter le delta du Mékong et font tous le même parcours. Pour pouvoir sortir un peu des sentiers battus, nous décidons de le faire en solo.

C'est donc motivés que nous quittons notre petit hôtel avec tous nos sacs à dos. Selon Wikitravel, il y a des bus pour Ben Tre de deux stations de bus : Cho Lon et une autre plus loin. Nous prenons un bus pour Cho Lon. J'arrive à ne payer que le prix normal, en tendant 10.000 dongs et faisant style de ne pas comprendre qu'il voulait encore un gros billet !

Dans le bus il y avait relativement peu de monde, et toute la banquette du fond était libre. Hop, on s'y installe. Une dame qui était assise un peu plus à l'avant du bus vient se mettre également sur la banquette du fond. Cette manoeuvre étrange m'interpelle. Un homme vient se mettre à sa gauche, qui lui aussi était assis plus en avant du bus. Pour quelle raison deux personnes qui n'était pas gênées par un bus surchargé se lèvent elles pour se mettre à côté de nous alors qu'il y a de la place ailleurs ?
J'ai tout d'abord pensé que peut-être cela les amusait de se mettre à côté des blancs. Pensée balayée en un quart de seconde, me rapellant, que ca c'était en Inde, et que là c'est le Vietnam ! Pierre côté fenêtre ne remarque rien. La dame se colle à moi et son gros sac rectangulaire chevauche ma cuisse ! En regardant bien, j'ai vu que son bras droit (de mon côté) était sur son sac, de facon toute naturelle, mais que son bras gauche, était lui sous le sac, de facon forte étrange ! Et tout de suite, j'ai compris qu'il y avait anguille sous roche. Je pousse son sac et découvre que la fermeture éclaire d'une de mes poches est ouverte de 2 cm. Deux des doigts de la vieille bique en sont bien trop proches. Je la regarde. Elle me regarde. J'explique la situation à Pierre et je sors tout ce que j'avais de mes poches et qui sont du côté de la femme pour les lui remettre. De son côté, elle explique sa situation à son complice et tous deux sortent à la station suivante.
Ca fait drôle !

Nous arrivons à Cho Lon, je suis encore toute énervée. Je demande au guichet le bus pour Ben Tre. On me dit "Bus 1". Ok, on y va. Je demande au conducteur "Ben Tre ?". Il acquiece. Je paye 10.000 dongs. Quoi ? 10.000 dongs à deux pour trois heures de voyage ?! Eh mais attend, le bus est un bus de ville ! Et crotte, on n'est dans un bus de ville et on se dirige vers "Ben Tham", d'où l'on vient ! On sort du bus et dépités, nous prenons un taxi pour l'autre station de bus indiquée par Wikitravel. Cette fois-ci, tout se passe bien et nous arrivons à prendre le bon bus, qu'avec des locaux.

Ben Tre

Nous arrivons à Ben Tre dans l'après-midi. À peine arrivés dans un petit hôtel peu cher, dont le patron ne parle pas anglais, son fils nous "propose" un tour en nous disant "Cet après-midi, vous allez faire ca, puis demain ci, ....". Est-il juste possible que l'on fasse quelque chose par nous même dans ce pays ? Du coup, refus net.

On est parti se promener en ville et nous avons visité une "usine de bonbons à la coco". En fait il s'agit d'une grande table, autour de laquelle sont assises une vingtaine de personnes, qui je suis sûres, gagneraient largement à l'épreuve de vitesse d'emballage de bonbon aux JO ! Incroyable ! Ensuite on a cherché une distillerie d'alcool de riz, que nous n'avons jamais trouvée ! Il faisait tellement chaud, qu'on a du rebrousser chemin.

Le soir, nous longeons la rivière pour trouver un petit restaurant de rue dans lequel manger. On tombe sur un boui-boui et une dame vient vers nous. Comme elle ne parle pas anglais et que nous ne parlons pas vietnamien, nous choisissons la technique de prendre un truc indiqué un gros sur son stand. Et là une délicieuse soupe avec du tofu et des morceaux de viande reconstituée, accompagnée de nouilles sautées à la sauce soja nous est servie. Malheureusement, nous avons encore faim et demandons un rab de nouilles. Elle nous amène cela avec le sourire, mais est choquée de nous voir finir notre bouillon froid ! Elle nous l'enlève des mains pour nous en ramener du chaud, le tout avec de grandes explications en Vietnamien et le sourire !

Can Tho

Le lendemain, nous prenons un bus pour Can Tho, qui est la plus grosse ville du delta. La dame du bus nous met sur les deux dernières places. Les suivants devront se contenter d'un petit siège en plastique au milieu de l'allée.

Nous arrivons à Can Tho et prenons un hôtel, puis allons déjeuner juste à côté. Et là, rats, serpents, oiseaux et grenouilles sont proposés au menu. Je me contenterai d'une soupe aux légumes. Les aventures culinaires, on les garde pour le soir !

Nous louons un scooter et allons nous promener. Il fait très très chaud et nous trouvons un restaurant sur pilotis pour boire un bon thé glacé. Puis, nous parcourons la ville, mais ne voyons pas les temples que l'on voulait visiter. On va voir l'université, qui a un grand campus. On passe devant les chambres et par cette chaleur accablante on a pu voir qu'il y a au moins 6 étudiants par chambre et c'est même certainement plus.

Stand de vente d'oeufs de toutes les tailles et formes

Des oeufs dont la coquille est ouverte et le poussin mort. Si quelqu'un sait ce qu'ils en font, j'aimerais bien savoir !
Après avoir passé l'après-midi à se promener, nous allons diner dans le restaurant d'à côté. Pierre commande du serpent et moi un rat frit aux oignons. Pierre est servi et là que voit-on ? Des morceaux d'un tout petit serpent. Ca me laisse très sceptique quand à la gestion du renouvellement des espèces ... J'attends mon plat avec impatience et plus le temps passe plus je me dis qu'ils doivent toujours être en train de chasser le rat dans les coins de la cuisine ou pire, dans les égoûts ! Brrr ! Mais au bout d'un moment, mon plat est servi. Le rat frit, sans tête, ni queue, ni extrémités des pattes, est ouvert en deux et est posé sur l'assiette. OK. Bon ben faut y aller. J'abandonne rapidement les baguettes pour y aller avec les doigts. Au final, c'est assez quelconque et il y a assez peu à manger. De plus, je dois avouer que ca m'a fait quand même bizarre de le voir comme cela. Les criquets, pas de problèmes pour recommencer, mais le rat, je ne sais pas !

Serpent pour Pierre

Rat grillé pour moi


Marchés flottants et canaux

Le lendemain, nous partons à 5:30 pour visiter deux marchés flottants et parcourir des canaux. Nous arrivons vers 7:00 au premier marché, Cai Rang. Il y a beaucoup de plus gros bateaux chargés de fruits ou de légumes. Pour indiquer ce qu'ils vendent, les marchands accrochent quelques marchandises à un bambou. Nous poursuivons notre route et arrivons au second marché de Phon Dien. Il est beaucoup plus petit et n'est quasiment qu'avec des barques et des rames. Nous le trouvons très agréable et là encore nous pouvons voir de nombreux fruits et légumes !

Le marché flottant de Cai Rang

Marché flottant de Cai Rang

Des bananes ?

Le très sympathique marché de Phon Dien

Après les marchés flottants, nous continuons notre route, mais cette fois-ci, dans les canaux. C'est vraiment superbe. Toutefois, s'il y avait déjà pas mal de plastiques dans la rivière, les canaux en ont encore plus. En passant, nous voyons un sac poubelle voler et atterrir dans l'eau ... Malheureusement ce n'est pas le seul et notre batelier va devoir arrêter son moteur pour retirer un morceau de plastique qui bloque son hélice !

Le batelier nous fait descendre et nous montre un pont, constitué de troncs. Il est large d'un tronc et a un petit tronc de bambou pour se tenir avec les mains. C'est assez long. Pierre passe et, pourtant, lui qui aime bien ce genre de chose, m'a dit qu'il avait cru que le pont allait céder. Je suis, personellement, restée de l'autre côté. Nous marchons donc, chacun sur une rive, et nous pouvons découvrir la vie des habitants. Le batelier nous rejoint et nous montre des fruits. Puis nous amène dans un resto, qui une fois de plus, va nous forcer la main. Il est 10:30 et nous n'avons pas faim. Nous commandons donc 2 cafés glacés. Mais la bonne femme insiste pour que non seulement, nous commandions quelque chose, mais qu'en plus, on commande quelque chose pour le batelier !! Pierre avait un peu envie de rouleaux de printemps, nous en commandons donc pour nous mais refusons de commander pour le batelier. Plus tard, lorsque la facture arrive, il y a 50.000 dongs en plus (env. 2$), soit disant parce que le batelier a mangé. On était trop dégoûté, mais contrairement à nous, elle avait l'habitude et les touristes des autres tables commandaient et payaient à manger à leur batelier sans broncher ! Nous payons donc, mais c'est donc à nouveau une petite ombre qui vient se poser sur une super journée !

Un canal

Le pont

Pierre le traverse

Nous rentrons à Can Tho et prenons un billet de bus directement depuis l'hôtel pour Chau Doc.

Chau Doc

Nous prenons le bus et arrivons à Chau Doc. Il nous laisse devant l'hôtel de notre choix. Nous nous pomenons dans la ville, et sur le remblais, nous tombons sur Monsieur Be. Il a environ 70 ou 75 ans et parle bien anglais. Il travaillait en tant que mécanicien sur les hélicoptères pour les américains. Il nous propose de nous faire visiter les environs en bateau : ferme à poissons, village Cham, marché flottant. Nous acceptons pour le lendemain. Nous nous retrouvons à 8h et allons à bord du bateau. Il y aura donc un batelier et Monsieur Be. Ils nous amènent au marché flottant, mais il est déjà tard et il n'y a plus rien à voir. Nous pouvons cependant voir des villages flottants avec de superbes maisons.

Un village flottant fleuri !

Il nous amène ensuite à la ferme aux poissons, où il n'y a rien d'extraordinaire, mais surtout un stand pour acheter des colliers.

Un bateau de pêche

Puis au village Cham (qui sont de nos jours musulmans, mais qui à l'origine viennent d'Inde). Et là on descend de bateau et trois enfants sont là, dont deux petits garçons que l'on dirait Indiens, qui, dès qu'ils voient des touristes arrêtent de jouer pour pousser des râles d'agonie et nous demander de l'argent. Non seulement je ne cautionne pas le principe mais en plus ca m'exaspère de me dire qu'ils sont là au lieu d'être à l'école !
Malheureusement d'autres touristes leur donnent des bonbons et autres choses. Sachez que si vous voulez leur donner quelque chose, comme par exemple de la nourriture ou des bonbons, il faut ouvrir le sachet, sinon ca sera revendu. Tout comme les crayons, ils les revendent ! C'est un vrai business en Inde et au Népal. Donner des trucs aux enfants qui mendient, ce n'est pas les aider !

La mosquée Cham
Nous arrivons donc dans le village, où nous constatons que les maisons sont sur pilotis. Des jeunes personnes arrivent pour nous vendre tout un tas de choses et nous nous éloignons et attendons. Mr. Be nous amène plus loin et nous longeons une route bitumée pour atteindre la belle mosquée peinte en blanc et bleu. Et là, c'est beucoup plus intéressant, que ce que l'on a vu en bas, où tout n'était que vente de souvenirs. Ici, il les gens achètent leurs provisions, discutent, ... Nous quittons cet endroit pour remonter à bord. On retourne à Chau Doc, avec un avis assez mitigé sur notre matinée. On décide tout de même de donner un petit quelque chose au batelier et à notre guide, pensant leur faire plaisir. Penses-tu, il y a eu là-aussi discussion sur l'argent, en ayant pourtant donner plus que le prix convenu. Ahh le Vietnam et sa vision du tourisme ....

Le gentil Monsieur Be

Ne nous laissons pas abattre ! Nous louons un scooter et partons dans l'arrière-pays, ce que nous préférons ! Nous roulons et passons le Mont Sam, que l'on garde pour plus tard. Nous continuons notre route et arrivons en campagne, où nous voyons de magnifiques paysages de rizières verdoyantes sur fond de "montagnes" (pas très hautes). Notre but est d'aller au "Bird Sanctuary", une réserve d'oiseaux. Nous y arrivons et laissons la moto sur le côté, pour que l'on ait plus de chance de voir des oiseaux ! Nous commencons à marcher et une mangrove nous entoure ! Nous apercevons des oiseaux, mais furtivement. En fait, il y a beaucoup de motos. Je dirais qu'en tout, on a croisé une 50e de motos. A chaque fois que je vois un oiseau, une moto passe et l'oiseau part. Nous continuons et tombons sur des gens qui abattent des arbres pour construire je ne sais trop quoi. Plus aucune chance de voir quoi que ce soit. Nous arrivons  à une sorte de restaurant, puis plus loin des serpents en cage, et des sortes de grosses biches. Nous voyons un panneau qui explique une volonté de remettre des animaux à l'état sauvage. Les biches sont enfermées dans un enclos de quelques mètres seulement. Il y a un autre bâtiment de construit sur pilotis, et lorsque je regarde en dessous, c'est une vision d'horreur ! On ne dirait plus de l'eau mais une tourbe de saletés, plastiques, eaux sales, .... Beurk !


Nous mangeons sur la route, dans un petit restau, oú tous les gens étaient très curieux de nous voir.

Rizières sur fond de montagnes 


Pierre et notre scooter presque neuf, qui n'avance pas

À l'íntérieur du parc

Encore un pont spécial poids plume

Nénuphars

Du vert

Et toujours plus de vert ...

 Nous rebroussons chemin, et c'est à nouveau le défilé de motos. Nous reprenons notre scooter plus loin et faisons route vers le mont Cam, le plus haut du delta du Mékong. Nous nous arrêtons dans un petit café, abrité par un grand arbre. Tout le monde nous dévisage, et le propriétaire unijambiste prend notre commande. Un des hommes vient s'assoir à notre table et nous fait la conversation en Vietnamien. Nous avons compris qu'il nous demandait où nous allions et où nous étions allés. Mais sorti de là, pas grand chose !

Nous continuons notre route, payons 2.000 dongs pour monter le mont Cam, ... avant de se faire arrêter plus loin. Interdiction pour nous de monter avec notre scooter. Il faut payer un xe om (moto taxi) pour nous y emmener. Pierre essaie de soudoyer le garde, qui n'est pas commode et je vais garer le scooter. Rien n'y fait et nous devons débourser 200.000 dongs (près de 10 $) pour que deux nanas nous emmène en scooter. Autant vous dire que c'est un peu frustrant. Pour autant, nous prenons notre temps pour visiter les temples et le bouddha géant.

Un Bouddha de 33 mètres de haut et qui mange bien à la cantine

Au sommet du mont Cam

Nous reprenons notre scooter et faisons cap vers le mont Sam, en espèrant ne pas avoir à payer pour y monter ! Rien de semblable ne se passe et nous pouvons profiter d'un coucher de soleil avec une superbe vue !
Au fond à gauche, c'est Chau Doc
Coucher de soleil et lever de lune

Nous rentrons à Chau Doc. Demain matin, nous prendrons le bus pour Ha Tien, puis quitterons le Vietnam pour nous rendre à Kep, au Cambodge.

- Juliette -

2 commentaires:

  1. Angélique Dao - Eurosport20 février 2014 à 10:21

    Coucou Juliette, pour répondre à ta question sur les oeufs avec les poussins morts: je pense qu'ils les mangent... ;-)

    Je reviens de mes deux semaines au Laos... nous étions dans le nord. On en reparle quand vous y serez!

    Bises,

    Angélique Dao

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  2. Qu'est-ce que tu as donné à cette vieille bique ?! ^^ C'était une pickpocket ?? :)
    Emilie boubou

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