Nous y voila au bout du monde ! Imaginez : située à 5h30 de vol du continent, en plein milieu du pacifique. Ce petit coin de terre d'à peine 10km par 15 fut sans doute un des endroits les plus isolés de la planète. Heureusement, maintenant, les vols quotidiens depuis Santiago (et hebdomadaires depuis Papeete) permettent de rejoindre l'île facilement. Jusque la fin des années 60, avec la première liaison commerciale, il fallait au minimum 2 semaines de bateau pour atteindre l'ile.
Même si celle-ci est devenue accessible, elle reste un endroit unique, et qui posséde un certain pouvoir. Quand on voit les immenses vagues d'un bleu turquoise s'exploser contre les rochers noirs de l'île, que l'on sent le vent souffler en permanence sur le sol dégarni, empéchant même les arbres de pousser, on se dit qu'il se dégage une grande puissance de ce petit coin de terre perdu. Et ce, même avant d'avoir vu le premier Moai. L'île se ressent autant qu'elle se visite.
Pour venir ici, depuis Auckland, il nous à fallu tout d'abord prendre un vol jusque Santiago. 11h de vol au dessus du pacifique, sans même passer au dessus d'un rocher. Du bleu, du bleu, du bleu. Ensuite, demi tour! Depuis Santiago, de nouveau 5h de vol dans l'autre sens! Au total, 26 heures de trajet, dont 17h en vol. Avec les 19h de décalage horaire, nous sommes partis à 16h de Auckland pour arriver à 23h le même jour, un peu dingue, non?
Après cette journée la plus longue de notre vie, nous allons vite nous coucher. Le lendemain, le réveil est difficile, à cause du décalage horaire. Nous passons notre première matinée pour découvrir le village, qui habrite la majorité des 5000 habitants de l'île et des touristes. On est en polynésie. Les gens parlent non seulement espagnol, mais aussi Rapa Nui, le dialecte de l'île, qui se rapproche du polynésien parlé à Thaiti ou encore en Nouvelle-Zélande. Le village posséde beaucoup d'infrastructures pour sa taille. Outre l'aéroport international (agrandi pour que la navette spatiale américaine puisse attérir en cas d'urgence), il y a tout le comfort possible : des écoles, un gymnase, de nombreuses superettes, un petit marché couvert, un office de tourisme, une antenne pour le téléphone portable et les 4 chaines de télévision, ainsi que les radios diffusées sur l'île. Une immense antenne satellite assure les communications avec le reste du monde.
Au centre du village, les petites superettes vendent peu de choses, et pour un prix très élevé. Des gens du coin vendent également des produits frais (légumes, viandes et poissons) dans la remorque de leur camion stationné au bord de la route. Pour éviter de trop utiliser notre budget, nous avons decidé de nous faire à manger nous même. En plus, le camping dans lequel nous avons une chambre posséde une cuisine. J'ai ramené avec moi une dizaine de kilos de conserves pour les 4 jours. Avec quelques fruits et légumes frais produits sur l'île, on ne devrait pas mourrir de faim ! Par contre, impossible de trouver du poisson et la viande ne fait pas vraiment envie.
Nous profitons de notre visite à l'office de tourisme pour réserver un guide pour le lendemain. Il s'appelle Christophe, et c'est un français qui vit sur l'île, après avoir roulé sa bosse dans toute la polynésie. Il est très sympa!
Après le déjeuner, nous partons en companie de Nicolas, un autre touriste arrivé en même temps que nous pour notre première randonnée vers le nord. Il faut tout d'abord longer la mer, au sommet de falaises où viennent s'écraser les vagues. Nous apercevons tout d'abord un superbe alignement de Moais. Nous en avions déja vu quelques uns dans le village (la plupart de ceux du village sont d'ailleurs des faux, construits récemment avec d'autres types de roches). Mais là c'est différent: il y en a beaucoup, alignés, dos à la mer, posés sur plateforme qui domine l'océan.
Après une bonne nuit de sommeil, nous nous préparons pour notre tour de l´île avec Christophe. Nicolas est aussi de la partie. Christophe passe à 10 heures et nous nous rendons tous les 4 dans sa voiture (4x4) au nord de l´île, à la plage d'Anakena. C'est une superbe petite plage de sable blanc, où se situe une magnifique plateforme de Moais, certains avec leur pukao (leur chignon).
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| La plage d'Anakena, la plateforme et ses Moais, et des cocotiers Tahitiens plantés par l'Homme (et qui sont stériles) |
Il y a près de 900 Moais sur l´île. Ce sont des monolythes, provenant quasiment tous d'une même et seule carrière de Rana Raraku. Ils sont principalement faits de tuf. Le pukao, provient quant à lui d'une autre carrière et est fait en tuf rouge (de la mousse de lave solidifiée). Les Moais ont des tailles différentes, comprises entre 2 à 9 mètres et un poids variant entre 14 à 80 tonnes ! Quasiment tous les Moais sur des plateformes regardent vers l'intérieur de l'île.
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| Le dos des Moais. Une pierre du mur n'est autre que le visage d'un Moai. Que fait-il ici ? |
Nous nous prenons une grosse averse et rentrons nous mettre à l'abris dans la voiture. Le temps change très rapidement ici.
Nous allons ensuite nous rendre sur le site du Papavaka, où nous allons admirer de beaux pétroglyphes. Malheureusement, les photos ne rendent pas grand chose. Nous pourrons constater que l'un des pétroglyphes a été redessiner à l'aide d'une pierre, et que cela déforme le motif. C'est donc absolument à ne pas faire ...
Une fois la visite des pétroglyphes, nous avons la surprise d'avoir un pneu de crevé ! Ca arrive vite ici ! Christophe se penche sur le problème et nous sommes comme à la DDE : 1 qui bosse et 3 qui regardent ! Je décide donc d'aller faire des photos de l'autre côté de la route car il y a des chevaux en liberté qui se promènent.
Impossible de changer la roue pour cause de cric qui ne convient pas. Christophe met donc une bombe anti-crevaison dans son pneumatique et nous devons aller au garage en ville. Il a fait réparer sa roue hier, mais la réparation n'a pas tenu. Nous arrivons au garage, et le garagiste indique à Christophe où se trouve le matos pour changer sa roue et ne fait rien !
Bref, une fois la roue de secours installée, nous reprenons la route et nous rendons à la carrière Rano Raraku. Nous cassons la croûte avec des empanadas achetés le matin. Nous discutons avec les gardes du parc qui mangent à côté de nous. Ils ont un beau plateau de ... restes de poissons : arêtes et têtes de poissons ! Ce qu'ils préfèrent dans le poisson ? Sucer la tête bien sur ! Le cerveau et les yeux, il n'y a rien de meilleur ! Je les regarde, perplexe malgré moi, car si il y a une partie du poisson qui me fait bien horreur, ce sont les yeux ! Combien de fois, j'ai vu ma mère ouvrir la papillote et ai regardé avec un profond dégoût les yeux du bar rester collés sur le papier d'alu !!
Après ce déjeuner frugale, nous commençons la visite de la carrière. Et que de beautés de nous attend !
Sur près de 900 Moais, plus de 400 sont encore à la carrière, à un stade de construction plus ou moins avancé. Pourquoi tous ces Moais sont-ils restés inachevés ? On a même retrouvés les outils dans la carrière.
Lorsque les européens sont venus sur l'île au 18e siècle, tous les Moais étaient couchés au sol. Guerres, tsunamis, tremblements de terre ? Il y a de nombreuses hypothèses, mais qui ne sont que des hypothèses. Rien de sur ! C'est fascinant ! Durant longtemps, on a cru que les Moais n'avaient qu'un visage. Mais en creusant, on a découvert que leur visage n'est qu'une petite partie, leur corps étant plus imposant encore, mais enfoui dans le sol.
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| Tous ces Moais sont aux pieds de la carrière, mais ne sont pas finis. |
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| Des Moais, dont seule la têtes emmerge de la terre. |
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| Nous ne voyons qu'une petite partie des Moais. |
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| La pause devant ces géants qui ne sourient jamais. |
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| Encore plus de Moais, toujours pas finis. |
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| Des voiliers et le Ahu Tongariki que l'on aperçoit. |
Nous continuons notre marche puis allons voir le cratère du volcan qui servait de carrière.
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| En sortant du cratère, la belle lumière se reflète sur une végétations aux nuances argentées. |
Nous nous rendons ensuite au Ahu Tongariki. Il s'agit de la plus grande plateforme de l'île, sur laquelle sont posés 15 Moais.
Dans les années 1960, il y a eu un terrible tremblememt de terre au Chili, ce qui a créé d'immenses vagues qui sont venues frappées cette partie de l'île. Les Moais, ont été emportés à une centaine de mètres, ce qui montrent la force exceptionnelle de ces vagues, aux vues du poids colossal des Moais.
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| Le Ahu Tongariki |
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| Panorama du Ahu Tongariki |
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| Ahu Tongariki en 1914. A cette époque les Moais étaient renversés au sol. No copyright - Public domain. |
Après cette journée riche en découvertes et en mystères, nous rentrons au village !
Jour 3 - Randonnée vers Rano Kau et Orongo
Ce matin, nous décidons de nous promner au village. Le midi, nous mangeons rapidement, et décidons d'aller au volcan Rano Kau et au village d'Orongo à pieds. Mous longeons tout d'abord la superbe côte, ou le Pacifique bleu azur se déchaine contre les falaises de l'île.
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| Le Pacifique bleu azur vient se jeter sur les rochers. |
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| Pierre le long de la côte |
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| Pierre |
Nous arrivons en haut du volcan, au bord du cratère, et c'est juste magnifique ! Quelle vue !
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| La pause devant le cratère |
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| Panorama du cratère |
Une fois en haut, nous longeons le cratère pour nous rendre aux ruines du village d'Orongo. Ce village était utilisé par les Rapa Nuis seulement pour les cérémonies. La cérémonie de l'Homme-Oiseau se déroulait une fois par an. Il s'agissait d'une course pour rapporter le premier oeuf de manutara de l'îlot Motu Nui à Orongo.
Les maisons en pierre ont la forme de maison-bateaux. Elle sont très basses, de forme ovales, avec une toute petite entrée. Elles ont été terriblement endomagées par les européns (baleiniers, ...) qui arrachaient des pans entiers des maisons pour récupérer les magnifiques pétroglyphes, qui étaient les plus beaux de l'île !
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| Une maison (on voir le mur) et la chienne qui nous suivra tout l'après-midi |
Après avoir terminé la visite, nous rentrons sous une averse d'eau ! Le coucher de soleil est juste superbe !
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| Juste devant notre camping |
Ce soir, nous allons voir un spectacle traditionnel de danses Rapa Nui. Une énergie folle se dégage des hommes qui dansent sur la scène ! Les femmes sont plus gracieuses. Tous sont superbes dans leur costumes et l'on ne regrette qu'une chose, c'est que le spectacle ne dure qu'une heure !
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| Une femme Rapa Nui |
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| Un danseur à la musculation bien développée (pour ne pas dire qu'il est super bien foutu !!) |
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| Les beaux costumes et les beaux danseurs ! |
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| La petite photo ! |
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| Je n'ai pas pu résister ! |
Jour 4 - A cheval jusqu'au Ahu Akivi
Aujourd'hui, un de mes rêves va se réaliser : nous allons faire du cheval sur l'île de Pâques. Nous allons nous rendre à Ahu Akivi, le point le plus haut de l'île.
Pantu vient nous chercher à 14h. On passe prendre 2 autres personnes avant d'aller chez lui. Nous serons donc 4 plus notre guide. Un jeune barbu vraiment bourru qui parle par grognements. Ca promet ! Il nous file une paire de guêtres, une charlotte pour mettre sous la bombe et la bombe. Distribution des chevaux, et le mien s'appelle Barby ! Oui, Barby ! Il n'y a qu'à moi que ca arrive ...
Nous partons donc joyeusement, sauf Peter, le gars des barbades qui a l'air de mourir de peur ! Une fois sur la route quitter, nous nous rendons compte que l'on peut faire ce que l'on veut avec nos chevaux ! Un petit coup de trot, un petit coup de galop ! Même Peter s'y met (enfn son cheval l'emmène pour nous rattraper !). Le guide s'aperçoit que Peter tient bien sur cheval et lui explique avec des mots que maintenant, c'est lui son maître, qu'il va lui apprendre toutes les ficelles du métier. Peter blanchi un peu plus. Notre guide, que l'on appelera maintenant Maestro souhaite que nos chevaux aillent plus vite. Il pousse donc des grognement terrifients et ni une ni deux nos cheuvaux partent à fond la caisse ! Je suis juste hyper heureuse, je m'éclate, mon cheval est un super pépère qui décoince bien ! On fait du galop, du triple galop ! Mon cheval transpire et moi aussi ! C'est la folie ! Pierre aussi a l'air de s'éclater !
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| Pierre sur son cheval dont il a oublié le nom ! |
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| J'ai la banane ! |
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| Toujours la banane ! |
Après un moment plus tranquille Maestro nous refait des grognements et les chevaux repartent au galop, et soudain s'arrêtent, au sommet, face à la mer, et nous restons scotchés face à cette vue magnifique !
Nous descendons de cheval, et allons nous promener. C'est juste magnifique !!
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| Panorama sur l'île |
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| Vue sur l'île |
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| Pierre et l'île |
Nous remontons sur nos chevaux et nous rentrons tranquillement. Je n'ai jamais autant galopé de ma vie ! Maestro, sous ses airs bourrus est sympa ! Un cheval sauvage (ou semi-sauvage) nous passe tout près et Maestro est fortement intéressé. Il le prend en photo et l'observe longuement !
Nous rentrons au village, puis au camping. Nous nous lavons et dînons. Ce soir, Roger, le gérant du camping (qui est Tahitien) va nous amener à l'aéroport, car nous devons déjà partir.
Si jamais vous avez l'occasion de venir sur l'île de Pâques, n'écoutez pas ceux qui vous diront que 4 jours sont suffisants. Il faut rester au moins une semaine pour pouvoir s'imprégner de la magie de cette merveilleuse petite île !
- Juliette -
Waaaaaaaaaaaaaaaaaaooooooooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuh, quel sentiment de liberté vous avez dû ressentir pdt cette balade à cheval sur une si petite ile !!!! C'est splendide !
RépondreSupprimer(Juju, le sourire de fou que tu as entouré de ces charmants danseurs ! ^^ Tu as eu raison de faire la photo !! :) )
Emilie (Boubou)
Ahhh c tellement bine de se sentir au milieu de nul part !! les locaux avaient l'air chaleureux, on voit en effet que tu ne pouvais pas sourire plus largement Juliette lol ! T'as bien raison de profiter de tous les plaisirs ;-) !!
RépondreSupprimerBon fin de périple à vous deux! July et Yann
Superbes les photos ! Ca donne vraiment envie !!!! et les danseurs quelle musculature ! je comprends que tu n'aies pas résisté.... et on voit ton bonheur sur ton visage sur Barby.......
RépondreSupprimerPierre n'est pas en reste : les danseuses sont magnifiques !... bises
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